Auteurs et metteurs en scène Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias
Artistes interprètes Julien Cassier et Marlène Rostaing
Collaborateurs Benoît Bonnemaison-Fitte, Maria Muñoz et Pep Ramis
Création lumière Adèle Grépinet
Création sonore Fanny Thollot
Création costumes Céline Sathal
Travail rythmique Marc Miralta
Ingénieur gouttes Thomas Pachoud
Construction Laurent Jacquin
Régie lumières et régie générale Louise Bouchicot ou Marie Boethas
Régie son Timothée Langlois ou Naïma Delmond
Régie plateau Cédric Bréjoux ou Mathieu Miorin
Direction technique Nina Pire
Directeur délégué / Diffusion Laurent Ballay
Chargé de production Pierre Compayré
Administratrice de production Caroline Mazeaud
Chargée de communication Ariane Zaytzeff

Production Baro d’evel
Coproductions ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie ; MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis ; Teatre Lliure de Barcelone ; le Parvis – scène nationale Tarbes- Pyrénées ; Malakoff scène nationale – Theatre 71 ; Romaeuropa festival ; L’Estive, scène nationale de Foix et de l’Ariège
Accueils en résidence ThéâtredelaCité – CDN Toulouse Occitanie ; L’Estive, scène nationale de Foix et de l’Ariège.
Avec l'aide à la reprise de la DGCA, ministère de la Culture et de la Communication, du Conseil départemental de la Haute-Garonne et de la Ville de Toulouse
La compagnie est conventionnée par le ministère de la Culture et de la Communication – Direction Régionale des Affaires Culturelles d’Occitanie / Pyrénées – Méditerranée et la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée

Un des acrobates de la compagnie racontait récemment que son premier souvenir au sein de Baro d’evel a été de nous rencontrer en fabriquant un mur de papier de 80 affiches collées les unes aux autres. Cette anecdote raconte beaucoup du fonctionnement de la compagnie. En effet notre recherche n’est pas cloisonnée et l’ensemble des artistes mais aussi collaborateurs et techniciens se déplacent, s’influencent dans leurs spécificités.

Se mettre en danger artistiquement, chercher un art total, est un défi moteur pour nous, nous avons besoin des croisements, des rencontres tout en cherchant l’excellence de chaque discipline. C’est un travail ardu et quotidien, nous mêlons le mouvement, l’acrobatie, la voix, la musique, la matière, et notre particularité est d’incorporer à cette recherche la présence d’animaux. Dans nos espaces de jeu, pensés comme des écrins, les animaux sur scène apportent une certaine fulgurance de l’émotion, le spectateur est traversé par leur présence et une autre perception de la représentation a lieu.

Nous aimons prendre le risque d’une écriture précise prête à improviser à chaque instant, penser une dramaturgie à tiroirs, comme des poèmes intérieurs qui en fabriquent un plus grand.
C’est un paradoxe d’avoir des écritures à la fois millimétrées et en même temps tout à fait libres mais c’est une manière pour nous d’être toujours en recherche de la justesse de l’instant, donner à voir ce qui nous échappe ce qui se raconte malgré nous.

Nous aimons penser la représentation comme une cérémonie, un ré-enchantement, convier toutes ces disciplines, avoir sur scène ces animaux, ces enfants, ces artistes, pour fabriquer des spectacles qui emmènent le spectateur dans un labyrinthe intérieur, dans un rêve éveillé.
- Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias

2000 Création de Baro d’evel cirk compagnie (collectif de 6 artistes Julien Cassier, Adria Cordoncillo, Camille Decourtye, Mathieu Levavasseur, Nicolas Lourdelle, Blaï Mateu-Trias)
2000 ¿ Porqué No ?, spectacle fondateur dans la rue
2003 Bechtout, spectacle en salle
2005 Petit cirque au marché, projet pour les halles de marché en Midi-Pyrénées
2006 Co-direction de la compagnie : Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias
2006 , solo de clown de Blaï Mateu Trias, spectacle en salle
2009 Le Sort du dedans, spectacle sous chapiteau, cirque itinérant
2012 Mazùt, spectacle en salle
2015 Bestias, spectacle sous chapiteau, cirque itinérant
2015 The Missing Part, court-métrage réalisé avec Salvador Sunyer
2016 La Cachette, concert
2018 Là, premier volet du diptyque Là, sur la falaise, spectacle en salle
2019 Falaise, second volet du diptyque Là, sur la falaise, spectacle en salle

CONCERT DE GOUTTES D’EAU
Mazùt, ressemble à une insolite pièce de danse-théâtre très musicale dans laquelle l’acrobatie tient lieu de langue intime, celle qui jaillit pour raconter les émotions les plus souterraines. Et ils en débordent nos deux héros, prisonniers d’un quotidien de gratte-papier, qui se rêvent en cheval sauvage ou en cantatrice. L’absurdité, celle du surréalisme, fait régner une loi fantaisiste sur l’univers de ces personnages. Une fois libérées leurs araignées au plafond, ils donnent libre cours à tous leurs délires, transformant leur bureau en navire en partance ou maison de carton, dont les escaliers sont ceux de l’imagination. Mazùt se transforme à vue, superposant les images avec délicatesse. La touche de Baro d’Evel est légère et fragile. Elle réside dans une manière de laisser faire le temps et de vivre les situations pour qu’elles génèrent leur propre déroulé. Comme si le plateau lui-même provoquait une suite au feuilleton à condition de rester à l’écoute de ce qui s’y passe. Qu’il s’agisse de la musique ou du rideau de papier se métamorphosant en muraille, ils veillent sur la poésie de la matière.
- Rosita Boisseau, Le Monde

MAZÙT

JEUDI 12 JANVIER 20H30
VENDREDI 13 JANVIER 19H30

1H05 -Salle Jean-Louis Barrault

Mazùt c'est l'histoire de deux êtres qui partent à la recherche de leur animal intérieur, parce que l’humanité les dépasse, parce qu’ils ont perdu leur instinct, parce que le monde va trop vite, trop de mots, trop de paroles. Ils veulent retrouver leurs sensations, le premier souffle. Dans une scénographie foisonnante en mutation permanente, empruntant autant à l'art naïf qu'à la mythologie, le duo de centaures de Baro d'evel compose entre burlesque et poésie de merveilleux tableaux vivants, un univers hybride d'acrobaties, de chant et de musique qui tient lieu de langage quand les mots se dérobent.

Depuis une vingtaine d’années, la compagnie Baro d'evel imagine des créations hybrides et poétiques, cérémonies païennes parcourues de fulgurances oniriques et d’un bestiaire choisi, chevaux, oiseaux ou animaux domestiques. Avec Mazùt en 2012, ils laissent le chapiteau de cirque pour la boîte noire du théâtre. Pour la reprise de cette pièce de leur répertoire, ils confient leurs rôles à deux nouveaux interprètes tout terrain, la danseuse, mime et acrobate vocale, Marlène Rostaing et Julien Cassier, circassien, comédien et chorégraphe.

Chacun des spectacles de Baro d’evel répond à un dispositif fascinant, à la fois scénographique et sonore, qui engage l’être et la matière dans un corps à corps chaotique et fragile, une écriture de plateau qui semble naître dans l’instant et pour la première fois, comme aux prémices de l’humanité. A la tête de cette compagnie franco-catalane hybridant les influences et sources culturelles, Blaï Mateu Trias, dégaine longiligne et dégingandé de clown lunaire, et Camille Decourtye, acrobate à la voix d’ange qui murmure à l’oreille des chevaux ses complaintes baroques, forment un duo d’artistes complices et singuliers, n’aimant rien tant qu’expérimenter tous azimuts, parcourir les diverses modalités du langage scénique, du cirque à la danse, en passant par la musique et les arts plastiques, avec un souci permanent du décloisonnement et de la circulation érigés en éthique de recherche, pour inventer des formes libres et inédites où les disciplines s’enrichissent les unes les autres. Chacune de leur création fait naître un paysage vivant et visuel inventé de toute pièce, un espace hors du temps qui prête à s’évader en des contrées primitives, loin du brouhaha de la ville et de la frénésie de nos vies. Le rêve d’un monde où l’animal reprend ses droits et sa place, à mille lieues de notre anthropocentrisme dévastateur. 

De ces rituels mystérieux et immersifs où se côtoient sans heurt humeurs et actions, burlesque et mélancolie, où la gestuelle donne le la et le rythme de la représentation, émerge le sentiment diffus et réconfortant d’un autre possible, d’une cohabitation pacifique entre les différentes manifestations du vivant, un chemin de reconnexion avec l’animal en nous. Dans une exploration infinie des divers champs artistiques, Baro d’evel creuse encore et toujours un sillon esthétique singulier qui fore l’invisible et accueille le tremblement, renoue avec notre instinct perdu de vue et recoud les liens dénoués. Pour mieux nous retrouver, comme à l’aube de notre humanité.
- Marie Plantin