Stéphane Braunschweig est né en 1964 à Paris. Après des études de philosophie à l'Ecole Normale Supérieure, il rejoint en 1987 l’École du Théâtre National de Chaillot dirigé par Antoine Vitez, où il reçoit une formation théâtrale pendant deux ans.

En 1988, il fonde sa compagnie, Le Théâtre-Machine, avec laquelle il crée ses premiers spectacles. En 1991, au Centre Dramatique National de Gennevilliers, il les réunit en une trilogie intitulée Les Hommes de neige, pour laquelle il reçoit le Prix de la révélation théâtrale du Syndicat de la critique. Il est dès lors un invité régulier du Festival d’Automne à Paris et commence à présenter son travail dans les grandes capitales européennes (Berlin, Londres, Moscou). En 1992, à l’invitation de Stéphane Lissner, il met en scène son premier opéra au Châtelet.

Stéphane Braunschweig est directeur du Centre Dramatique National/Orléans-Loiret-Centre de 1993 à 1998. Il y crée une dizaine de spectacles qui tournent partout en France et sont accueillis dans les plus grands festivals (Automne à Paris, Avignon, Edimbourg, Istanbul, Rome), et il reçoit pour sa version intégrale du Peer Gynt d’Ibsen le prix Georges Lerminier du Syndicat de la critique. Pendant cette période, il est sollicité à l'étranger, pour l’opéra, notamment à Berlin avec son Fidelio dirigé par Daniel Barenboim, mais aussi à Bruxelles et Venise ; et pour le théâtre, il est invité en Angleterre pour un Measure for Measure de William Shakespeare, au Piccolo Teatro de Milan pour un Mercanto di Venezia du même William Shakespeare, à Munich pour un Woyzeck de Büchner qui lui vaut de recevoir le Bayerischer Theaterpreis (meilleur spectacle de théâtre de l’année en Bavière).

Stéphane Braunschweig est directeur du Théâtre National de Strasbourg et de son école de 2000 à 2008. Il y crée une formation à la mise en scène et à la dramaturgie et confirme le statut de carrefour théâtral européen du Théâtre National de Strasbourg. Parmi ses mises en scène marquantes, Brand d’Ibsen en 2005 et Tartuffe de Molière en 2008 sont couronnés par le Prix Georges Lerminier du Syndicat de la critique. Pendant cette période, il met en scène de nombreux opéras au Festival d’Aix-en-Provence, en particulier un Ring de Wagner en co-production avec le Festival de Pâques de Salzbourg et l’Orchestre Philharmonique de Berlin, dirigé par Simon Rattle. Et en décembre 2008, il crée Don Carlo de Verdi pour l'inauguration de la saison de La Scala de Milan.

Stéphane Braunschweig est directeur du Théâtre National de la Colline de 2010 à 2015. Il s’entoure d’artistes associés (Stanislas Nordey, Célie Pauthe, Caroline Guiela Nguyen). Parmi ses mises en scène, on peut citer son adaptation de Six personnages en quête d’auteur de Pirandello au Festival d’Avignon et tout dernièrement ses Géants de la montagne du même Pirandello, ses créations de l’auteur norvégien contemporain Arne Lygre, ou encore son Canard sauvage, invité par le Festival Ibsen d’Oslo et repris à la Colline en janvier 2016, Festival Ibsen avec lequel il met en scène Solness le constructeur en 2018.
À l’opéra, il signe notamment des mises en scène pour l’Opéra-Comique (Pelléas et Mélisande de Debussy) et le Théâtre des Champs-Élysées (Idoménée et Don Giovanni de Mozart, Norma de Bellini).

En janvier 2016, Stéphane Braunschweig est nommé à la direction de l'Odéon-Théâtre de l'Europe. Son mandat est renouvelé pour 3 ans en janvier 2021.

Stéphane Braunschweig, qui a signé une soixantaine de mises en scène et de scénographies tant au théâtre qu'à l'opéra, est également auteur et traducteur. Il a publié aux éditions Actes Sud un recueil de textes et d’entretiens sur le théâtre intitulé Petites portes, grands paysages, et traduit de l’allemand, de l’italien ou du norvégien des pièces de Büchner, Kleist, Brecht, Pirandello et Lygre.

Chloé Réjon est magistrale dans la pièce de Pirandello [...]. L'actrice et ses partenaires sont mis en scène avec rigueur par un Stéphane Braunschweig particulièrement inspiré.
Philippe Chevilley - LES ÉCHOS

Conçu tel un piège qui n’a d’autre but que d’être patiemment tendu pour se refermer avec le plus de force possible, "Comme tu me veux" est de ces pièces qui troublent les perspectives, bousculent les certitudes et font du théâtre un art entre chien et loup. 
Vincent Bouquet - SCENEWEB

Comme tu me veux est une métaphore de l’acte théâtral tout entier : cette plongée salvatrice dans l’imaginaire, l'ailleurs qui permet au public de se reconstruire [...] Pirandello invite à se repenser autrement pour échapper aux tragédies du réel. Et Stéphane Braunschweig l’incarne superbement. 
Fabienne Pascaud - TÉLÉRAMA

COMME TU ME VEUX

Mardi 26 avril 20h30
Mercredi 27 avril 19h30

CRÉATION 2h10 - salle Jean-Louis Barrault

Dans un Berlin toujours marqué par la Grande Guerre dix ans après, vit l'Inconnue. Cette danseuse de cabaret dont le quotidien est fait de folles nuits serait l'épouse de Bruno, un Italien ayant trouvé la maison conjugale vide à son retour des combats. À la grande surprise de cet homme esseulé, Lucia refait surface. Elle semble jouer avec sa mémoire ou peut-être recherche-t-elle son identité ? Imposture ou amnésie traumatique ? Stéphane Braunschweig, directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe, traduit et met en scène une pièce de Pirandello entre enquête et rêverie, retrouvant le plateau du CDNO qu'il a dirigé dès sa création. Le metteur en scène poursuit son exploration de la quête d'identité et décortique les mécanismes que chacun déploie pour sa survie, mettant de côté son propre vécu.


SE RÉVOLTER

"On devine chez Pirandello une sorte de fascination-répulsion pour ce Berlin qui danse au bord de l’abîme, mais il n’est pas certain qu’il ait bien perçu que le nazisme allait bientôt emporter tout ça. En revanche, on sent sa colère contre cette Italie bourgeoise et conformiste qui acquiesce au fascisme, et dans laquelle l’art n’a aucune place.
C’est cette même colère qui va le pousser à écrire son chef-d’oeuvre inachevé, Les Gants de la montagne, conçu exactement à la même époque. Dans les deux pièces, il s’agit pour Pirandello de se révolter contre la réalité concrète, objective, contre ce qu’il appelle « les faits », et de tenter de donner voix et corps àla réalité subjective, celle qui est en chacun de nous, et au pouvoir de l’imagination et de la poésie, grâce auxquelles, précisément, on peut s’élever au-dessus des faits et d’une réalité invivable. Pour Pirandello, la folie et l’art sont les seules voies de sortie possibles, et c’est pourquoi, dans Comme tu me veux, Lucia a deux visages, réversibles : celui de la Folle, à jamais hors de la réalité et sans identité, et celui de l’Inconnue, véritable figure de l’actrice, capable de se réinventer dans une nouvelle identité, de donner vie aux fantômes et de repousser les limites de la réalité.
Peu importe que l’Inconnue soit réellement Lucia, semble nous dire Pirandello, du moment que l’on y « croit » et que la vie retrouve du sens dans cette illusion. C’est tout le théâtre qui est au coeur de ce paradoxe." Stéphane Braunschweig


RENDEZ-VOUS

Mercredi 27 avril à l'issue de la représentation
Rencontre avec l'équipe
Atelier du CDNO

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