Avec Stanislas Nordey
Texte Édouard Louis
Mise en scène Stanislas Nordey
Collaboratrice artistique Claire ingrid Cottanceau
Lumière Stéphanie Daniel
Scénographie Emmanuel Clolus
Composition musicale Olivier Mellano
Création sonore Grégoire Leymarie
Clarinettes Jon Handelsman
Sculptures Anne Leray et Marie-Cécile Kolly
Régie générale Antoine Guilloux
Avec la participation amicale de Wajdi Mouawad
Le décor et les costumes sont réalisés par les ateliers du TNS

QUI A TUÉ MON PÈRE
Copyright © 2018, Edouard Louis
Tous droits réservés

Production TNS - Théâtre National de Strasbourg
Coproduction La Colline - théâtre national

QUI A TUÉ MON PÈRE

jeudi 23 janvier 20h30

1h50 - salle Jean-Louis Barrault

Dans la lignée de Marguerite Duras, Simone de Beauvoir ou Annie Ernaux, l’écriture d’Édouard Louis se déploie à partir de son existence. Depuis ses deux premiers romans En finir avec Eddy Bellegueule et Histoire de la violence, il décrypte les mécanismes de domination qui broient les êtres et leurs relations. Stanislas Nordey, directeur du Théâtre National de Strasbourg, met en scène et interprète la parole et le regard d’un fils sur son père, des premiers souvenirs d’enfance jusqu’à sa « mort sociale ». Dans un volte-face littéraire, le politique rejoint l’intime et raconte le corps des hommes.


Que peut et doit faire la littérature dramatique ? Quel droit lui donne-t-on ?
Stanislas Nordey, en proposant à Édouard Louis d’écrire sans aucune contrainte pour la scène, a donné la possibilité à celui-ci de se poser et d’éprouver ces questions, de fond en comble.
Naissance de Qui a tué mon père.

Parole publique d’un récit intime où se croisent un mouvement vers le père délaissé – un père « infâme », comme beaucoup, beaucoup trop, « vaincu » par un système social – et une réflexion bio-politique sur les effets de la domination et de l’exploitation capitalistes sur les corps vivants.Adresse au père, récit de vie, parcours de souvenirs fragmentaires mais cohérents, critique politique des temps présents : autant d’éléments qui scandent le trajet apaisé d’une reconquête de soi. (Re)trouver l’autre et soi-même, dans un même mouvement.Un franc-parler, dans une langue simple, claire, droite, et directe pour dire de ce que l’on considère, contre toute logique normative, être digne d’être raconté. Fuir la fiction du romanesque, la métaphore, la beauté apparente des mots, les arabesques et les virtuosités de la rhétorique : assumer le littéral. La littérature dramatique peut et doit faire entendre la vérité : la vérité intime et parfois crue d’une existence socialement conditionnée, la vérité d’un système, avec le nom de ses responsables, ceux qui prennent des décisions qui auront des incidences sur la vie des gens. Car qu’est-ce que vivre, pour les dominés, si ce n’est être exposé aux décisions politiques prises par des dominants ? Qu’est-ce qu’un corps « vaincu » sinon un corps mourant ?La littérature dramatique peut-elle assumer l’audace narrative de cette vérité ?
Nordey a donné l’occasion à Édouard Louis d’être, au théâtre, une des dernières figures de la parrhèsia, cette activité verbale dans laquelle celui qui parle, à travers la franchise, entretient un rapport courageux, voire scandaleux, à la vérité. Étendre le domaine du fait littéraire à ce qui est le plus souvent laissé indigne. Donner une place au sein de l’écriture à ce qui n’en a pas. Une effraction.En retour, Édouard Louis nous donne l’occasion de se confronter à une littérature de l’in-compté.
Et à Nordey, d’être, à nouveau frais, un intraitable locataire de la parole.

Frédéric Vossier, écrivain, conseiller dramaturgique au TNS


RENDEZ-VOUS

Mardi 21 janvier à 19h30
Retour à Forbach
de Régis Sauder

Cinéma Les Carmes

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