Mise en scène Marie Fortuit
Avec Romain Dutheil et Virgile-lucie Leclerc
Dramaturgie Floriane Comméléran
Scénographie Louise Sari
Création sonore Elisa Monteil
Composition et écriture des chansons Mathilde Forget
Création vidéo Esmeralda Da Costa
Création lumière Thomas Cottereau
Création costumes Coline Dubois-Gryspeert
Administration Célia Cadran
Diffusion En votre compagnie
Production Les Louves À Minuit
Coproduction CDN de Besançon ; CDN Orléans/ Centre- Val de Loire ; Le Phénix, scène nationale de Valenciennes ; Pole Européen de création
Soutiens DRAC Hauts-de-France, Région Hauts-de-France, Les Plateaux Sauvages, Lilas en Scène, Théâtre Massenet
Marie Fortuit commence par jouer au football au PSG avant de se tourner vers le théâtre à 17 ans. Elle se forme auprès dʼArmel Veilhan dans un Cours Alternatif et dʼAntoine Campo à Ange Magnetic Théâtre, avant dʼintégrer la Compagnie Théâtre A en 2008. Elle joue sous la direction dʼArmel Veilhan, Liciño Da Silva, Marie Normand, Odile Mallet, Erika Vandelet, Nathalie Grauwin. Elle participe aux performances des plasticiennes Alice Lescanne & Sonia Derzypolski et joue dans la création de Rébecca Chaillon La chèvre... Elle collabore également à lʼécriture du dernier spectacle de la compagnie Komplex Kapharnaum : Les Immobiles.
Licenciée dʼhistoire et dʼarts du spectacle à Paris III Censier, elle co-fonde et co-dirige de 2009 à 2015 La Maille, fabrique théâtrale dédiée aux écritures contemporaines aux Lilas (réseau Actif Ile-de- France). En 2013, elle y crée sa première mise en scène Nothing hurts de Falk Richter, repris au Triton, scène de musiques actuelles.
De 2014 à 2018, elle est assistante à la mise en scène de Célie Pauthe, directrice du CDN de Besançon, pour les créations La Bête dans la Jungle dʼHenry James, La Fonction Ravel de Claude Duparfait, Un amour impossible de Christine Angot. Elle joue dans sa dernière création Bérénice de Jean Racine (Théâtre de lʼOdéon). Elle est artiste associée du projet de Séverine Chavrier au CDN dʼOrléans, avec qui elle collabore occasionnellement. Elle a également été associée aux Plateaux Sauvages en 2018-2019 pour Le Pont du Nord ,spectacle quʼelle écrit et met en scène, qui est crée en 2019 au CDN de Besançon puis au Théâtre du Garde-Chasse aux Lilas et à LʼEchangeur à Bagnolet. Il est repris en 2021 au CDN de Béthune, dʼOrléans et au TPR à La Chaux de Fonds. Elle a créé en 2021 une forme musicale autour des chansons dʼAnne Sylvestre : La Vie en vrai, actuellement en tournée.
Elle dirige à Besançon et à Orléans des ateliers avec des lycéens, des étudiants et depuis 2017 en prison avec comme thématique le lien entre football et théâtre. En 2022, elle travaillera avec le CHV de Valenciennes en partenariat avec le Phénix, scène nationale.
Sous la plume d’Elfriede Jelinek, Eurydice est une ombre certes, mais elle parle, elle se vide de tout ce qu’elle n’a jamais dit et ce faisant, accouche d’elle-même. Marie Fortuit en tire un spectacle de toute beauté, baigné d’humour et de mélancolie, qui rend grâce aux ombres de toutes espèces, pourvues qu’elles soient féminines.
- Marie Plantin, Sceneweb
Eurydice l'ouvre, et ce n'est pas pour rien dire.
Marie Fortuit adapte et met en scène Ombre (Eurydice parle), de l’autrice et prix Nobel de littérature Elfriede Jelinek. Un des spectacles les plus réjouissants du moment.
- Marie-José Sirach, L'Humanité
En adaptant pour la scène le mythe d'Orphée revisité par Jelinek, Marie Fortuit s'amuse, autant que son autrice, à déconstruire la double légende, celle de l'amoureux transi et futur veuf éploré pour l'éternité comme celle d'une Eurydice victime fatalement victime. Jelinek non seulement change d'ère, mais aussi d'air. Elle renverse ainsi l'ordre des choses en donnant exclusivement la parole à Eurydice. (...) On comprend qu'elle n'en peut plus d'Orphée, rockeur de seconde zone, toujours entouré de groupies qui ne le lâchent pas d'une semelle. Qu'elle n'en peut plus d'être la muse, la maman et la putain de ce bellâtre égocentré. Finis les achats compulsifs et son statut de victime. Elle est certes aux enfers, mais elle refuse d'en sortir. Elle est enfin libre d'écrire, de parler, de mener sa vie comme elle l'entend.
- Théâtre(s)
CRÉATION 1H40 - Salle Antoine Vitez
Coproduction CDNO
Chez Jelinek, lauréate du prix Nobel de littérature en 2004, Orphée est un chanteur star entouré de groupies avec lequel Eurydice est loin d'être heureuse, assujettie à une vision dépendante de lʼamour romantique, dévouée à lʼavénement du génie de son amant.
Depuis le Royaume des Ombres où la morsure dʼun serpent lʼa conduite juste après son mariage avec Orphée, il sʼagit de donner (enfin) voix à Eurydice. Prêter oreille à son souffle de femme paradoxalement enfin libérée dʼun amour qui sʼavèrait aussi astreignant quʼéreintant, lʼobserver commencer de façon radicale une existence nouvelle. Envisager sa descente aux enfers comme une libération, lʼémancipation incontestée dʼune parole créatrice et féministe, assister à la (re)naissance dʼune poétesse.
Dépouillée de tout, étrangement soulagée de laisser Orphée remonter vers les lumières des villes et des scènes, Eurydice peut alors s’autoriser le luxe de ne plus être que rien et donc d’affirmer je suis.
Marie Fortuit est également impliquée dans des missions d'éducation artistique avec les élèves de l’université d'Orléans et de l’option théâtre du lycée Voltaire cette saison.
Son premier spectacle Le Pont du nord a également été coproduit par le CDNO.
Je ne sais pas ce qui glisse de haut en bas le long de moi, non, qui progresse péniblement, plutôt de bas en haut, serait-ce déjà arrivé au talon, au genou ? Quelque chose de doux, de fin de glissant comme un filet dʼeau, dʼailleurs plutôt flatteur. Oui ça y est ! Quelque chose pénètre, ça fait mal, quelque chose sʼest ouvert en moi, cʼétait quoi, je vous le dis ouvertement : je nʼen sais rien.. Ça a glissé en moi, je commence à avoir chaud, un instant, jʼai lʼimpression de devoir me décharger, me délester de mes vêtements ? Ça fuit, ça coule, peut-être ne pourrais-je plus me mettre au fourneau ni travailler à mon manuscrit tout juste commencé alors quʼà lʼinstant encore, ça semblait couler de source. Cʼétait trop facile peut-être. Mon écriture, faut croire quʼelle fuit aussi, cʼest comme ça que je le ressens, vous savez mon homme, lui, il chante. Le voilà qui aboule au son de sa bande originale. Ça lʼa rendu célèbre.
- Elfriede Jelinek, Ombre (Eurydice parle)
Mercredi 17 mai à l'issue de la représentation
Rencontre avec l'équipe
Atelier du CDNO
Mardi 16 mai à 19h
CONFÉRENCE par Rachel de Dardel
Mythe et langage : résonance autour de Ombre (Eurydice parle) d'Elfriede Jelinek
Discussion ayant pour but d’interroger l’œuvre de Jelinek à travers la problématique de la réécriture du mythe et celle du jeu avec le langage.
Atelier du CDNO
Entrée libre (réservation conseillée)
Dimanche 21 mai à 18h
PORTRAIT DE LA JEUNE FILLE EN FEU (2019)
de Céline Sciamma
- au Cinéma Les Carmes