Texte Guillaume Poix
à partir de témoignages de personnes non et mal-voyantes
Conception et mise en scène Lorraine de Sagazan
Collaboration artistique et dramaturgie Romain Cottard
Avec Romain Cottard, Chloé Olivères, Thierry Sabatier
Lumière Nicolas Diaz
Son Clément Rousseaux, Camille Vitté
Costume Dominique Fournier, Lorraine de Sagazan, Chloé Olivères, Romain Cottard
Régie générale (en alternance) David Hanse, Charles Rey
Photographies Christophe Raynaud de Lage

Lorraine de Sagazan est membre de l’Ensemble artistique de La Comédie de Valence, Centre dramatique national Drôme-Ardèche, artiste associée au TGP, CDN de Saint-Denis et pensionnaire à la Villa Médicis pour la saison 2022-2023

Production La Comédie de Valence, Centre dramatique national Drôme Ardèche ; Compagnie La Brèche
Coproduction: Théâtre de la Ville – Paris
Accueil en résidence Communauté de communes Royans Vercors
Avec le soutien du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes dans le cadre du Fonds régional pour l’Innovation Artistique et Culturelle – FIACRE

Remerciements à Fabrice Berraud, Béatrice da Silva, Sylvie Giraud, Enzo Hortal, Béatrice Krekdjian, Chantal Lamalle, Jacqueline Lingois, Joëlle Louchard, Gisèle Mariller, Élise Migayrou, Gilbert Montagne, Michel Pejac, Thérèse Pont, Korridwen Quaegebeur, Didier Reaume, Thierry Sabatier, Lucette Seigle, Augustin Tallard, Romain Zenasni

Spectacle créé le 22 septembre 2020 à La Parenthèse, Saint-Jean-en-Royans, dans le cadre de la Comédie itinérante

Lorraine de Sagazan est actrice de formation. Entre 2008 et 2014, elle joue dans de nombreux projets collectifs. Afin de se former à la mise en scène, elle part à Berlin en mai 2014 et assiste Thomas Ostermeier qui répète Le Mariage de Maria Braun présenté à Avignon et au Théâtre de la Ville en 2015. Plus tard, sur la proposition de Romeo Castellucci, elle poursuit sa formation en assistant aux répétitions des quatre spectacles que le metteur en scène italien a présenté àParis en 2015-2016.

En parallèle, elle fait aussi ses premiers pas de metteuse en scène avec une adaptation deDémons de Lars Norén.

À l’automne 2016, elle crée une adaptation d’Une maison de poupée de Henrik Ibsen. Ces deux spectacles dont l’audace est unanimement saluée tournent dans toute la France depuis sept saisons. Lorraine de Sagazan s’affirme en interrogeant la place du spectateur dans chacune de ses créations et revisite les grands textes classiques ou contemporains en leur conférant une réalité brûlante.

En 2017, elle commence à travailler à l’étranger en mettant en scène le texte francophone lauréat du prix RFI, La Poupée barbue de Édouard Elvis Bvouma, qui s’exporte dans une dizaine de pays. En 2018, elle monte une adaptation de Vania sur l’invitation du théâtre Bronski & Grünberg à Vienne avec des acteurs autrichiens. Elle fait partie depuis quelques mois des jeunes metteurs en scène choisis dans le dispositif Théâtre Export qui promeut le travail des artistes français en Allemagne.

En janvier 2018, le conseil général de Seine- Saint-Denis lui commande un spectacle jeune public, Les Règles du jeu, écrit par l’auteur Yann Verburgh. En juin 2019, elle crée avec sa compagnie L’Absence de père d’après Platonov de Tchekhov aux Nuits de fourvière, au Centquatre et à la MC93. Elle intervient régulièrement dans plusieurs écoles de formation de jeunes acteurs ou chantiers professionnels. Elle est artiste associée au TGP à Saint-Denis et est également membre de l’ensemble artistique de la Comédie de Valence.

Elle ouvre avec l’auteur dramaturge Guillaume Poix un nouveau cycle de recherche et de travail en 2020 qui ne s’écrit plus à partir de textes dramatiques mais de rencontres avec des inconnus. Le premier opus en est La Vie invisible, produit et créé à La Comédie de Valence en Comédie itinérante la saison dernière. En janvier 2021, ils entreprennent un second projet, plus vaste et au long cours autour de la question de la « réparation » en rencontrant plus de 300 personnes endeuillées. Ainsi nait le spectacle Un Sacre créé en septembre 2021 qui interroge la béance que représente la place de la mort dans notre société occidentale et le théâtre comme force d’action.

En 22-23, Lorraine de Sagazan est pensionnaire de la Villa Médicis à Rome.

Ancien élève de l’École Normale Supérieure, Guillaume Poix est romancier, dramaturge, et traducteur.

En 2014, il publie un premier texte de théâtre, Straight, lauréat de l’Aide nationale à la création des textes dramatiques d’Artcena et Prix des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre en 2014, Prix Godot des lycéens et Prix Sony Labou Tansi des lycéens en 2016.

Suivront Et le ciel est par terre, Tout entière, Fondre et Soudain Romy Schneider (finaliste du Grand Prix de littérature dramatique 2020 puis adapté pour France Culture en septembre 2021). Son théâtre, traduit dans plusieurs pays, est publié aux éditions théâtrales.

Depuis 2019, il collabore avec Lorraine de Sagazan. Ensemble, ils ont créé L’Absence de père d’après Platonov de Tchekhov (Nuits de Fourvière, 2019), La vie invisible (La Comédie de Valence, 2020, diffusé sur France Culture en mars 2021) et Un Sacre.

Il a récemment traduit Tokyo Bar de Tennessee Williams et, avec Christophe Pellet, Quand nous nous serons suffisamment torturés de Martin Crimp (L’Arche, 2020).

Depuis 2020, il est auteur associé au Grand R, à La Roche-Sur-Yon.

Son premier roman, Les fils conducteurs (Verticales, 2017 ; Folio, 2019), a reçu le Prix Wepler - Fondation La Poste. Son deuxième roman, Là d’où je viens a disparu (Verticales, 2020), a reçu le prix Alain Spiess du deuxième roman et le prix Frontières-Léonora Miano. 

La Vie invisible est une expérience singulière où se mêlent le sujet de départ (la perception du réel par les malvoyants), l’intimité d’un homme au lourd passé familial, les méandres de la mémoire, la complexité des sentiments mais aussi les coulisses du processus de création. L’ensemble se révèle en profondeur d’une finesse remarquable. Le verbe autant que les silences et les gestes sculptent un espace d’une grande humanité. Dans sa mise à nu, paradoxalement très pudique, Thierry manie aussi bien l’humour que l’émotion. Lorsqu’il décrit sa manière de « regarder » les visages, ou ferme les yeux à l’écoute des phrases de son père, le public suspend son souffle, comme pour retenir la richesse de l’instant.
- Marie-Valentine Chaudon, La Croix

Dans une mise en scène simple, dépouillée, où les changements d’énonciation – allers-retours du témoignage au théâtre dans le théâtre – se font avec fluidité, se développe ainsi un spectacle touchant et original, où l’illusion du vrai côtoie avec bonheur la plus grande théâtralité.
- Eric Demey, La Terrasse






LA VIE INVISIBLE

MARDI 28 FÉVRIER 20H30
MERCREDI 1ER MARS 19H30

1H - Salle Jean-Louis Barrault
Spectacle accessible aux personnes déficientes visuelles sans audiodescription

Thierry a 55 ans. Il y a un peu plus de trente ans, il a perdu la vue dans un accident.
Chaque soir, aux côtés de deux acteurs, il chemine dans le labyrinthe de sa mémoire pour tenter de reconstituer un spectacle de théâtre perçu comme déficient visuel et qui l’a profondément marqué mais dont seules quelques bribes lui reviennent. 
De réminiscences en fulgurances, au fil d’une enquête qui fait resurgir tout un pan de son histoire personnelle, Thierry interroge notre commune incapacité à saisir le réel et la place déterminante des fictions dans nos vies. Expérience saisissante au contact des possibles offerts par le théâtre.

Dans Matière et mémoire, Bergson explique que le corps prélève à notre insu des souvenirs et des sensations passées et les réactive au présent pour nous permettre d'afronter l’avenir immédiat. Cette opération s’appelle précisément la perception. Nous pensions avoir abandonné notre projet sur la perception alors que depuis le début, il ne s’agissait bien que ce cela. Bergson dit aussi qu’il n’y a que deux manières d’accéder vraiment au réel. Il y a l’art, mais surtout il y a l’action. Cela signifie que nous convoquons la perception pour agir sur le réel – peut-être, d’ailleurs, comme une manière le défier. Ainsi chaque soir, en faisant du souvenir un prétexte pour percevoir, Thierry agit et comble un manque. Non pas tant le manque perceptif qui rend son existence singulière, mais le manque que ce souvenir de spectacle lui a révélé, ce geste final vers lequel tendent toutes les représentations de La Vie invisible.
(…)
Dans ce lieu presque sans décor, volontairement dénudé au maximum pour offrir aux personnes déficientes visuelles une expérience de spectateur équitable, le spectacle n’est pas une représentation au sens où il reproduirait chaque soir un témoignage ou une fiction. Il est une expérience au cours de laquelle chaque soir quelque chose de réel advient. Par la mémoire, Thierry se met en condition de percevoir, et donc d’agir. Peu importe que les moyens de l’action usent de vérité tout autant que de fiction, l’acte posé par Thierry à la fin du spectacle est une manière décisive de saisir le réel.
- Lorraine de Sagazan et Guillaume Poix

RENDEZ-VOUS

Mercredi 1er mars à l'issue de la représentation
Rencontre avec l'équipe
Atelier du CDNO