Conception et mise en scène Christoph Marthaler
Avec Graham F. Valentine et Martin Zeller
Dramaturgie Malte Ubenauf
Scénographie Duri Bischoff
Musique Martin Zeller
Costumes Sara Kittelmann
Assistanat à la mise en scène Camille Logoz, Floriane Mésenge
Création son Charlotte Constant
Création lumière Jean-Baptiste Boutte
Régie générale Stéphane Janvier
Régie lumière Jean-Luc Mutrux
Régie son Charlotte Constant
Habillage Cécile Delanoë
Construction décor et accessoires Théâtre Vidy-Lausanne
Traduction des surtitres Camille Logoz, Dominique Godderis-Chouzenoux
Production Anouk Luthier

Production Théâtre Vidy-Lausanne
Avec le soutien de Pro Helvetia, Fondation Suisse pour la Culture - Fondation Françoise Champoud
Coproduction Festival d’Automne Théâtre de la Ville, Paris - Temporada Alta, Festival international de Catalunya Girona/Salt - TANDEM Scène nationale - Napoli Teatro Festiva - Maillon, Théâtre de Strasbourg, scène européenne - Théâtre National de Nice – CDN Nice Côte d’Azur - Le Manège, scène nationale de Maubeuge

Né à Erlenbach, dans le canton de Zurich, Christoph Marthaler est d’abord formé comme hautboïste et flûtiste avant d’intégrer le monde théâtral. Il y fait ses premiers pas à l’École Lecoq dans l’après-mai 68 à Paris. Inspiré par ces deux univers artistiques, il crée alors des pièces où musique et paroles ne cessent de dialoguer. Avec les scénographes Anna Viebrock ou Duri Bischoff et les dramaturges Stephanie Carp ou Malte Ubenhauf, il réalise des spectacles d’anthologie, dont Casimir et Caroline d’Ödön von Horváth, alors qu’il dirige le Schauspielhaus de Zurich (2000-2004) ou Schutz vor der Zukunft. Dès lors, ses mises en scène sont présentées dans les festivals d’Europe, et bientôt dans les grandes maisons d’opéra. Son esthétique singulière, ancrée dans des décors du quotidien telles des salles d’attente, des cafés ou des pharmacies, bouscule les formes de représentations. Maître de la lenteur, de l’ironie et du décalage, il a inventé une poésie scénique faite de paroles, de chants et de musique.

DÉLICIEUX THÉÂTRE DE L'ABSURDE
Complice des premières frasques du metteur en scène suisse-allemand depuis l’adolescence, Graham F. Valentine trimbale sa silhouette d’échassier fasciné par l’absurde dans le hall d’un immeuble pareil à un cauchemar kafkaïen où toutes les portes communiquent. Le musicien baroque Martin Zeller accompagne les dérapages contrôlés qui émaillent la soirée en travaillant en live l’ouverture de Tristan et Isolde de Richard Wagner. Hommage à la poésie sonore, à l‘esprit du surréalisme et à celui du mouvement dada, le spectacle fourmille d’idées toutes plus extravagantes les unes que les autres.
- Patrick Sourd, Les Inrockuptibles

Christoph Marthaler offre une partition taillée sur mesure à son complice et ami de toujours le comédien Graham F. Valentine qui s’illustre dans un formidable exercice de virtuosité. (...) Une fois de plus, Marthaler parvient à rendre intrigante et intranquille l’existence lénifiante qu’il dépeint avec loufoquerie et subversion puisque son apparente banalité se voit aussi bien étrangéisée que poétisée.
- Christophe Candoni, Sceneweb

AUCUNE IDÉE

MARDI 17 JANVIER 20H30
MERCREDI 18 JANVIER 19H30

1H20 - Salle Jean-Louis Barrault
Spectacle multilingue surtitré en français

Avec son sens aiguisé de l'absurde et sa poésie décalée, Christoph Marthaler l'un des metteurs en scène contemporains les plus inventifs, engage son acteur fétiche et complice de longue date Graham F.Valentine dans une quête – insaisissable - de la lacune, du pourquoi et du comment elle influence nos existences.
L'homme habite un entre-deux aux multiples portes où le dehors et le dedans se confondent, un lieu d'imbroglios et du voisinage aléatoire où le dérisoire côtoie la loufoquerie la plus échevelée. C’est Franz Kafka au théâtre de boulevard.
Véritable manuel de philosophie pratique, porté par l’humour et la musique, à l’usage d’un monde confus et incertain en instance de se réinventer, une manière gaie et tendre d’habiter le temps. Alors Aucune idée vraiment ? Le spectacle en déborde.

Les Deux font la paire

Ne vous fiez pas à son titre, des idées, il y en a en pagaille dans ce spectacle cousu d’humour et de musique, de poésie sonore et d’esprit Dada. On n’en attendait pas moins du génial metteur en scène suisse-allemand, figure majeure du théâtre européen, qui place une fois de plus son spectacle sous le signe de l’absurde et enchaîne les situations sans queue ni tête toutes plus insensées et délirantes les unes que les autres. 

Avec Aucune idée, Christoph Marthaler poursuit son compagnonnage avec l’acteur d’origine écossaise Graham F. Valentine, fidèle de longue date dont on peut prendre ici la pleine mesure du talent, la distribution se réduisant, une fois n’est pas coutume, à deux interprètes : Graham F. Valentine donc, figure emblématique du théâtre marthalérien et Martin Zeller, musicien zurichois, joueur de viole de gambe et violoncelliste baroque. 

Dans un décor à la Jacques Tati de Playtime, l’atmosphère désuète en sus, moquette au sol et coin de parquet, murs couverts de portes en rang d’oignon et boîtes aux lettres aux avant-postes, nos deux compères habitent l’anonymat de ce hall d’immeuble interchangeable de leur complicité artistique et de leurs facéties scéniques. Comme toujours chez Marthaler, la scénographie prend part au jeu, véritable instrument au service des acteurs qui déploient, chacun dans leur domaine, toute la virtuosité dont ils sont capables. Graham F. Valentine joue et chante en plusieurs langues, nous offre des trésors d’élocution musicale et de débit rythmé, empruntant à Perec, Michaux, Schwitter et d’autres pour agrémenter de littérature et de poésie sa partition verbale tandis que Martin Zeller va chercher du côté de chez Wagner, Bach, Schubert, Saint-Saëns et même Léo Ferré ses citations musicales. 

Dans ce théâtre sans histoire à proprement parler, avançant au gré des sketches en enfilade rebondissant les uns sur les autres comme on joue à saute-mouton, la dramaturgie fait dialoguer à part égale musique et théâtre. Jouant avec les codes du vaudeville, les portes claquent et communiquent, réservant leur lot de surprises, les boîtes aux lettres s’expriment ouvertement et dégorgent leur prospectus indigestes, l’unique radiateur devient pupitre improvisé tandis que le compteur électrique joue lui aussi des tours. 

Toujours très en verve et en malice, Christoph Marthaler n’a définitivement pas perdu le sens de l’humour.
- Marie Plantin