Une création de et avec Lionel Dray
et Clémence Jeanguillaume
Création musicale Clémence
Jeanguillaume
Collaboration artistique Jeanne Candel
Scénographie Jean-Baptiste Bellon
Vidéo Sarah Jacquemot-Fiumani
Lumière Gaëtan Veber
Masques Loïc Nebreda
Photographies Robert et Shana ParkeHarrison
Remerciements Gwendoline Bouget,
Alexis Champion
Production la vie brève – Théâtre de l’Aquarium
Coproduction Le Théâtre de Lorient – Centre dramatique
national ; Le Tandem, Arras-Douai ;
Nouveau théâtre de Montreuil –CDN ; Théâtre Garonne,
scène européenne – Toulouse ; L’Empreinte, scène nationale de Brive-Tulle ; Le Singe
(industrie)
Avec le soutien de La Région Île-de-France et des
Abattoirs
Après des études au conservatoire du 5èmearrondissement de Paris, Lionel Dray intègre en 2006 le
Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique ; il a comme professeurs Dominique Valadié, Yann-Joël Collin,
Pascal Collin et Nada Strancar.
À sa sortie du conservatoire, il joue dans les spectacles de Jeanne Candel avec la vie brève : Robert Plankett,
Nous brûlons, Dieu et sa maman et Demi-Véronique.
Il travaille depuis 2013 dans les créations de Sylvain Creuzevault, Le Capital et son Singe (2014), Angelus Novus
Antifaust (2016), Les Tourmentes (2018) et Banquet Capital (2018).
Il répète sa première création Les Dimanches de Monsieur Dézert à Eymoutiers, en Haute-Vienne, dans les
anciens abattoirs de la commune que Sylvain Creuzevault a décidé, avec sa compagnie Le Singe, de transformer
en théâtre. Le spectacle est créé en août 2018, au Festival théâtre rate, et est en tournée depuis.
Artiste protéiforme, Clémence Jeanguillaume a commencé son parcours par un diplôme de danse
contemporaine passé en 2005.
Musicienne, elle compose depuis plusieurs années pour le spectacle vivant ou le cinéma. Elle compose la
musique du Procès de Philippe K. mis en scène par Julien Villa.
Au théâtre, elle joue dans le Banquet capital de Sylvain Creuzevault.
En 2018, c’est en qualité d’auteur, compositeur et interprète qu’elle sort son premier album/spectacle intitulé
RACAR sous le pseudonyme de Katchakine.
KAFKA SANS QUEUE NI TÊTE
Composée de nombreuses références
littéraires, cinématographiques, plastiques,
l’œuvre imaginée par le duo déjanté
d’artistes est une sorte de patchwork
kafka en, voire, à la marge, beckettien, où de
fausses pistes en faux-fuyants, d’énigmes en
paraboles, s’esquisse une réalité un brin
absurde, mais qui dit beaucoup du temps
présent et de l’impossibilité de l’homme à
communiquer avec l’autre. S’intéressant
autant à l’œuvre horri que de l’écrivain
autrichien qu’à sa vie sentimentale, le duo de
choc entraîne les spectateurs dans un
univers décati. Carrelages blancs fêlés,
paillasse surchargée d’assiettes cassées et d’un tas de bordel, robe de mariée déchirée, tachée de sang, rien ne semble être à sa
place et pourtant tout s’emboîte et fait
théâtre. (...) Beau autant que bizarre,
Ainsi la bagarre est une gourmandise
décadente, surannée. Ovniesque,
mystérieuse, presque incompréhensible, la
performance est un cabinet de curiosités
théâtrales.
- Olivier Frégaville Gratian d'Amore, Transfuge
Dans Ainsi la bagarre, les comédiens et auteurs Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume font briller le registre de l’absurde, avec leur onirisme redevable à Gogol ou Dalí.
- Annabelle Martella, Libération
Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume signent et interprètent un étonnant spectacle tout en faux-semblants,
faux-fuyants, énigmes et paradoxes, original et touchant, bizarre et beau.
- Catherine Robert, La Terrasse
1H10 - Salle Antoine Vitez
En prenant pour matériaux de départ
certaines nouvelles de Franz Kafka, le
duo imagine et compose un monde où
les paraboles eurissent dans d’étroites
ruelles, chuchotées de bouches
balbutiantes à oreilles anxieuses...
Lionel Dray et Clémence Jeanguillaume
inscrivent leur création, bigarrée et
fragmentaire, dans la tradition littéraire
de l’énigme autour de l’histoire d’un do dièse, de rendez-vous du dimanche,
d’un requin avenant ou de l’art délicat de l’aphorisme. Cette épopée musicale
et masquée, poético-décalée et débridée,
esquisse le portrait d’êtres lunaires
inspirés du cinéma muet, de Buster
Keaton à Jacques Tati. Inclassable.
Petite cuisine d'un couple ubuesque
Si vous êtes un cartésien de la plus pure espèce, si vous avez un goût immodéré pour le rationnel, si vous aimez ce qui se tient, ce qui est carré, les histoires avec un début, un milieu et une fin, passez votre chemin. Ou bien tentez l’expérience d’être dérouté, de ne pas savoir sur quelle émotion danser, le jeu en vaut la chandelle, on vous le promet. Ainsi la bagarre bataille avec l’esprit de sérieux et dézingue le premier degré, taquine les paradoxes et fait fleurir des énigmes, puise à la source revigorante des écrits de Kafka tout en convoquant Buster Keaton et s’abreuve de références tous azimuts, de Godard à Dali en passant par Dino Buzzati, bricole de la musique à tendance bruitiste en direct et retourne la tête de tous ceux qui pensaient avoir les idées claires sur la vie et l’essence de l’existence. Au plateau ils sont deux à nous entraîner dans la course folle de leur remue-ménage abracadabrantesque sur fond de cuisine carrelée ou de laboratoire poussiéreux, à moins que ce ne soit là l’espace irrésolu et brinquebalant de nos inconscients collectifs. La comédienne et musicienne Clémence Jeanguillaume, alias madame Oh la la, en robe de mariée maculée de sang, et le comédien Lionel Dray alias monsieur Pré Fleuri, en costume gris décati. La figure enfarinée ou le visage perdu sous un rideau de cheveux, l’inénarrable couple s’accoutre d’une panoplie de masques incroyables, se plâtre la face pour mieux s’offrir à nous en personnages clownesques et monstrueux, créatures étranges aussi drôles qu’inquiétantes, aussi habiles à récolter nos rires qu’à cueillir nos mélancolies. La matière et la musique sont au cœur de cette performance déjantée qui ne ressemble à aucune autre et déploie ces scènes et saillies sans queue ni tête avec un sens du non-sens imparable. Ce duo décomplexé qui sème au plateau un joyeux bazar noue avec une force rare le tragique et le comique, le burlesque et le butô, et fait preuve d’une sacrée originalité.
- Marie Plantin