Avec Bénédicte Cerutti, Séverine Chavrier, Marta Izquierdo Munoz et Elise Olhandéguy en alternance, Natacha Kouznetsova, Mika Kaski, Laurent Papot et la participation de Hugo Cardinali
Scénographie Vincent Gadras
Son Philippe Perrin
Lumière Christian Dubet
Costumes Laure Maheo
Vidéo Benoît Simon
Images Jules Zingg

Production : Festival d’Avignon, Théâtre Nanterre-Amandiers
Coproduction : Théâtre Nanterre-Amandiers, MC2: Grenoble, Espace Malraux Scène nationale de Chambéry et de la Savoie, compagnie La Sérénade interrompue
Avec le soutien de l’ADAMI, de la Région Île-de-France, de la DRAC Île-de-France, du Dicréam.
Accueil en résidence au Centquatre-Paris.

France Culture : La Dispute – 11 Février 2013 (extrait)

Plage ultime 

Durée : 1h30

Plage ultime est une proposition théâtrale et musicale inspirée en partie de l’œuvre de l’auteur de science-fiction britannique James Graham Ballard. La réflexion de l’écrivain sur notre société consumériste et touristique, héritière d’un XXe siècle sanglant mais aussi gravement optimiste, aux possibilités illimitées, va croiser des lectures de Mike Davis, Shakespeare, Nicolas Bouvier, Michelet, Scott Fitzgerald.

« Voyeurisme, dégoût de soi, puérilité de nos rêves et de nos aspirations - ces maladies de la psyché - sont toutes contenues dans le cadavre le plus considérable de l’époque : celui de la vie affective ». Pour J. G. Ballard, la science-fiction d’anticipation n’est pas une fantaisie sur un avenir incertain mais bien une introspection sur un ici et maintenant. Métaphores extrêmes pour situations extrêmes : c’est de cette exigence de regard et d’humour noir que Séverine Chavrier a voulu s’emparer dans ces fictions éclatées.

Corps blessés, demi-tour interdit, valise sans propriétaire, foire aux atrocités du tout-image, maladies électives. Que nous est-il possible de supporter, où commencent et s’arrêtent réellement notre agressivité et notre ambivalence dans cette vaste odyssée de la rancune ? Et Ballard ne lâche rien à cette logique du pire qui est tout à la fois prémonition, alerte désespérée, foi en l’action et immense potentialité théâtrale.

Un hall d’aéroport, sas qui ne mène nulle part, hall anonyme et répétitif qui nous fait passer d’un monde à un autre en quelques heures d’avion, lieu d’attente, de transition, de suspension.

Partir, rester. Comment changer de tempo, laisser les avions au sol, tout d’un coup ralentir ? Préfère-t-on être partout chez soi (tourisme) ou toujours encore étranger à soi-même (le Wanderer)? Au prix de quelle laborieuse fête ininterrompue, pourrions-nous retrouver un horizon ?

La plage ultime, l’ultima spiaggia qui veut dire en italien dernière chance, serait donc ce dernier sas … à moins qu’elle n’en soit seulement la dernière musique.